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Qu’est ce que le rétrofit ?

Par Retrofit-Daily

Le rétrofit électrique consiste à remplacer le moteur thermique d’un véhicule par une motorisation 100% électrique sur tous types de véhicules. L’arrivée de la conversion électrique en France devra néanmoins respecter certaines règles…

Les règles du rétrofit en France

Le rétrofit oui, mais pas n’importe comment.

Les règles du rétrofit à respecter en France

Pour transformer une voiture thermique en électrique, les règles à respecter sont simples. Conserver la puissance du véhicule qui ne doit pas dépasser celle affichée lors de sa première homologation. Le volume et le poids total des batteries, varie quant à lui en fonction du gabarit du véhicule et de son poids. 10 à 15% d’augmentation du poids du véhicule est toléré par essieu. Rappelons qu’aujourd’hui, l’autonomie proposée sur des véhicules transformés va de 120 à 220 km.

Lire aussi : Grenoble, première collectivité à proposer une prime à la conversion pour le rétrofit

Seules exceptions : les véhicules de moins de cinq ans, les cartes grises collection et les engins agricoles

Deux exceptions au rétrofit avec les véhicules de moins de cinq toujours sous garantie constructeur, mais aussi les véhicules de collection. De plus de 30 ans, ces derniers doivent garder leur caractère “authentique”, donc non transformé. L’obtention de la carte grise “Collection” s’obtient après attestation de la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Epoque). La carte grise “collection” exclut par conséquent le rétrofit.

Techniquement, en quoi consiste le rétrofit ?

La plupart du temps, c’est à l’ancienne place du moteur thermique que vient se loger la batterie électrique. L’ensemble de la chaîne de traction thermique, la ligne d’échappement et le réservoir sont retirés pour laisser leur place aux composants neufs comme le moteur électrique, le variateur et la batterie accompagnée de son BMS (Battery Management System). D’ailleurs, à quoi sert un BMS ? Indispensable à tous les packs batteries, le BMS surveille l’état des différents éléments de la batterie, tels que l’état de charge, la tension, la température…
La nette amélioration de conduite avec la motorisation électrique (accélération immédiate avec couple disponible instantanément) et la nouvelle répartition des masses du véhicule induit de fait, à l’amélioration du freinage et des suspensions pour la plupart des conversions. Et contrairement à une voiture électrique neuve sans boîte de vitesse, le rétrofit peut tout à fait conserver la transmission ainsi que la boîte de vitesses de la voiture transformée. Ce qui n’est pas sans charme…

Voiture des années 30 pas prête pour le rétrofit
Toutes les voitures ne pourront pas êtres converties à l’électrique.

Stop à la casse ! Vive le recyclage de nos véhicules en état de marche ! 

L’interdiction des véhicules thermiques annoncée dans plusieurs pays européens donne le cap. A commencer par la Norvège, premier pays à mettre en place cette interdiction dès 2025, suivie par le Danemark, la Suède et l’Islande qui visent 2030.

En France, la fin de la vente des véhicules thermiques est prévue pour 2040. Paris prend d’ailleurs les devants, en inscrivant dans son “Plan Climat Air Energie” l’objectif « Zéro véhicule diesel” en 2024 et “Zéro véhicule essence en 2030 ». L’entrée en vigueur de la vignette Crit’Air et les restrictions de circulation dans des villes comme Paris, Lyon, Grenoble ou Strasbourg, destine à priori, bon nombre de véhicules à la casse, à court terme…

Avec 36 millions de véhicules en circulation et plus de 2 millions d’immatriculations de véhicules neufs chaque année, le rétrofit en France propose une véritable solution d’ économie circulaire et anti-gaspillage de nos ressources. Et c’est à l’association AIRe (Acteurs de l’Industrie du Retrofit Electrique) que nous devons cette avancée. 

Le rétrofit en France, un enjeu social et environnemental

Une quinzaine de sociétés françaises réunies au sein de l’association AIRe, se donne pour objectif de transformer 1% du parc automobile en 5 ans. Ce qui représenterait environ 360.000 véhicules. Arnaud Pigounides, co-président de la filière, estime que cet objectif permettrait de générer un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros et la création de plus de 40.000 emplois.
Le coût du rétrofit – estimé aujourd’hui entre 15.000 et 18.000 euros pour une petite voiture de type Twingo avec une centaine de kilomètres d’autonomie – baissera en standardisant les transformations. Arnaud Pigounides espère que les coûts seront divisés par deux dès l’année prochaine.
Le soutien de la filière par l’Etat et les collectivités, avec la distribution de primes à l’achat et de bonus (comme celles allouées aux constructeurs) est bien sûr attendu, pour que le rétrofit puisse honorer toutes ses promesses !

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